maladies parodontales et halitose : effets de Tea Tree Oil

L’halitose (appelée également bromopnea) est le fait d’avoir une haleine dont l’odeur est considérée comme incommodante, dont les causes sont nombreuses et vont d’une banale ingestion de certains aliments à de véritables pathologies respiratoires ou métaboliques. Le plus souvent toutefois l’halitose réfléchit un problème local dont la cause principale est le métabolisme de la flore bactérienne orale. Quelques souches bactériennes anaérobies présentes dans la cavité orale, comme les Porphyromonas gingivalis, Fusobacterium nucleatum, Prevotella intermedia, Tannerella forsythia, et Porphyromonas endodontalis sous certaines conditions prolifèrent à une vitesse anomale décomposant rapidement les substances protéiques présentes dans les résidus de nourriture, mucus et salive et dégageant les soi-disant CSV (Composés Sulfurés Volatiles) représentés essentiellement de sulfure d’hydrogène (H2S), méthylmercaptan (CH3SH) et diméthylsulfure (C2H6S) les gaz responsables des problèmes des odeurs désagréables1.

Il y a des claires évidences qui indiquent de quelle façon les CSV peuvent être la cause de maladies du périodonte2, comme également les péri-implantites, caries profondes, et d’autres pathologies locales entraînent la production des CSV en devenant la cause d’halitoses3.

Les techniques actuelles permettent de mesurer les CSV comme le sulfure d’hydrogène et méthylmercaptan avec des méthodes objectives, permettant d’en identifier et localiser la provenance.

Récemment TS Graziano et al4, en utilisant la chromatographie en phase gazeuse accouplée à la masse, ont évalué les effets de Tea Tree Oil (Melaleuca alternifolia oil) et de chlorhexidine sur la production de CSV par deux importantes bactéries buccales comme les Porphyromonas gingivalis W83 et Porphyromonas endodontalis.

Soit Tea Tree Oil soit Chlorhexidine sont des inhibiteurs de la croissance des deux souches bactériennes, toutefois, les concentrations auxquelles les deux composés présentent des effets bactériostatiques (Concentration Minimale Inhibitrice ou MIC) et bactéricides (Concentration Minimale Bactéricide – MBC) sont quantitativement différents, comme on peut le constater d’après les indications contenues dans le tableau ci-dessous.

Donc, les auteurs ont comparé les deux produits en tenant compte des respectives dilutions de 1/16, 1/8, 1/4 de la dose bactériostatique.

Tea Tree Oil Chlorhexidine
MIC MBC MIC MBC
Porphyromonas gingivalis W83 0,007% 0,007% 0,00015% 0,00015%
Porphyromonas endodontalis 0,007% 0,5% 0,00015% 0,00015%

Les résultats obtenus mettent en évidence que Tea Tree Oil réduit significativement la production de méthylmercaptan (fig. 1a) produit par P. gingivalis (p<0.05, ANOVA, Tukey test) tandis qu’il réduit les niveaux aussi bien de sulfure d’hydrogène que de méthylmercaptan (fig. 1b) produits de la sécrétion de P. endodontalis, ANOVA, Tukey test(* p<0.05).

Figure 1a  Tea Tree Oil

Figure 1b Tea Tree Oil

Chlorhexidine réduit la production aussi bien de sulfure d’hydrogène que de méthylmercaptan (fig. 2a) produits par P. gingivalis (p<0.05, ANOVA, Tukey test), toutefois, il résulte inefficace (fig. 2b) sur la production des CSV émis par P. endodontalis.

Figure 2a Chlorhexidine

Figure 2b Chlorhexidine

Le sulfure d’hydrogène et le méthylmercaptan sont les gaz principaux émis par des bactéries orales qui causent l’halitose et dont la toxicité est associée au développement de maladies parodontales 2,5,6.

Chlorhexidine est certainement un puissant antimicrobien largement employé dans les pathologies de la cavité orale, toutefois, l’usage fréquent peut causer quelques effets collatéraux comme l’altération du goût, desquamation de la muqueuse, une augmentation de dépôts de caliciformes supra gingivales, coloration des dents et sensation de brûlure de la muqueuse orale7.

Tea Tree Oil est en mesure d’inhiber bien plus largement par rapport à la Chlorhexidine la production de CSV en représentant donc une option valide à l’emploi de Chlorhexidine.

  • 1 Persson S, Claesson R Carlsson J. The capacity of subgingival microbiotas to produce volatile sulfur compounds in human serum. – Oral Microbiol Immunol. 1989;4(3):169-72.
  • 2 Yaegaki K,  et al. Oral malodorous compound causes apoptosis and genomic DNA damage in human gingival fibroblasts. – J Periodontal Res  2008;43(4):391-9.
  • 3 Hinode D, et al . Relationship between tongue coating and secretory-immunoglobulin A level in saliva obtained from patients complaining of oral malodor. – J Clin Periodontol. 2003; 30 (12):1017-23.
  • 4 Graziano TS et al. In vitro effects of Melaleuca alternifolia essential oil on growth and production of volatile sulphur compounds by oral bacteria – J Appl Oral Sci. 2016;24(6):582-9.
  • 5 Makino Y, Yamaga T, Yoshihara A, Nohno K, Miyazaki H. Association between volatile sulfur compounds and periodontal disease progression in elderly non-smokers. – J Periodontol.2012;83(5):635-43.
  • 6 Nakano Y, Yoshimura M, Koga T. Correlation between oral malodor and periodontal bacteria. – Microbes Infect. 2002;4(6):679-83.
  • 7 Prayitno S, Addy M. An in vitro study of factors affecting the development of staining associated with the use of chlorhexidine. – J Periodontal Res. 1979;14(5):397-402.
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