PÉRIODONTITES ET NOUVEAUX BIOMARQUEURS DIAGNOSTIQUES

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Les maladies parodontales destructrices frappent en moyenne 10 à 15 % de la population mondiale et sont une des causes majeures de la perte des dents chez l’adulte. Le processus inflammatoire du tissu conjonctif résulte généralement de la présence et de la virulence des microorganismes présents dans la plaque gingivale, lesquels à leur tour sont considérés comme le facteur déclenchant, tandis que les réponses défensives de l’organisme interviennent dans la régulation de l’évolution de la maladie (1).

Si la maladie n’est pas correctement soignée, celle-ci peut conduire à une perte progressive de collagène et de glucosaminoglycanes. A ce sujet, la présence de molécules de dégradation de l’acide hyaluronique en quantité plus élevée a été observée dans le liquide créviculaire des sujets atteints de maladies parodontales, comparativement aux sujets sains (2). Les paramètres classiques du diagnostic clinique évaluent essentiellement l’évolution chronologique de la pathologie alors que l’usage de nouveaux biomarqueurs pourrait marquer un changement décisif dans la prévention et le traitement des périodontites. Evoquons brièvement quels seraient les niveaux où de nouveaux biomarqueurs pourraient être identifiés

  1. Plaque bactérienne gingivale. Plus de 600 souches bactériennes ont été identifiées dans la plaque sub-gingivale, cependant une faible proportion de celles-ci semble être étroitement corrélée avec la pathogenèse des maladies parodontales chez les sujets sensibles. Le fait d’établir une corrélation certaine et avérée entre les souches bactériennes et la réponse de l’hôte permettra de poser un diagnostic efficace.
  2. Inflammation et médiateurs de l’inflammation. Le processus inflammatoire se développe dans le tissu gingival en réponse au biofilm formé par la plaque bactérienne. Comme tous les processus inflammatoires, il se caractérise par des étapes successives déterminées par différents médiateurs endogènes. Le dosage de ces médiateurs et leur implication dans les diverses étapes peut permettre de diagnostiquer l’évolution de la pathologie.
  3. Résorption osseuse et tissu conjonctif. La destruction du tissu osseux alvéolaire qui est précédée par l’infection microbienne et par la réponse inflammatoire du tissu conjonctif, dépend, elle aussi, de divers médiateurs. Le fait de pouvoir déterminer et corréler ces médiateurs avec l’évolution de la pathologie permettra non seulement de vérifier le pronostic mais également l’efficacité du traitement. Parmi les candidats possibles en tant que biomarqueurs, les dérivés du métabolisme du collagène présentent déjà certains résultats prometteurs, comme c’est le cas avec le dosage de l’ostéocalcine.

Bibliographie

  1. Diagnostic biomarkers for oral and peridontal diseases M. Taba Jr et al. Dent Clin North Am. 2005; 49(3): 551-72.
  2. Analysis of hyaluronic acid in human gingival crevicular fluid using high-performance liquid chromatography. E. Utoh et al. J Osaka Dent Univ. 1998; 32(1): 1-7.
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